24/09/2006

les bouquinistes

 

Qui n'a pas vu ces petits barraquements en bord de Seine, lors de promenades parisiennes? Qui n'a pas preté attention à ces livres anciens, à ces affiches, à ces vieux magasines proposés là, en bord de route, en bord de Seine?

A force  de passer devant régulièrement, je me suis demandé pourquoi, qui, comment, depuis quand? Quelle est donc l'histoire de ces illustres inconnus qui, par tout temps, par toute époque, proposent leur vente?

On peut ainsi remonter très loin dans l'histoire, à l'époque où les moines recopiaient des ouvrages, silencieusement, patiemment, c'était au Moyen Age.

A partir du XIIIe siècle, en raison de la fondation de grandes écoles, notamment à Paris, le besoin de livres se faisaient ressentir par les étudiants. Le nombre de "copistes" se fit alors plus important, et c'est ainsi que des prêtres plus modestes exercèrent aussi cet art. C'est alors qu'apparu la profession de libraire. Il y avait alors 2 types de libraires.

Le premier, le "libraire" recevait en dépôt des manuscrits qu'il revendait au public. Il était donc le dépositaire de l'auteur, qui était propriétaire du livre, et le libraire était uniquement l'intermédiaire avec l'acheteur.

Le second, le "stationnaire", d'un mot latin qui signifie étalage, commandaient eux même aux copistes les ouvrages qu'il voulaient en plusieurs exemplaires, ancêtres de nos éditeurs contemporains.

Ces deux catégories appartenaient à l'institution de l'Université, c'est à dire qu'ils devaient prêter serment très régulièrement auprès du recteur. 

Ces libraires étant rattachés à l'Université, ils devaient par conséquent résider dans le quartier. Ils étaient ainsi groupés auprès de la rue Saint-André-des-Arts, ou la rue Saint-Jacques. Ceux qui vendaient des livres religieux étaient autorisés à s'installer autour de Notre-Dame.

Parallèlement, le bouquinistes firent leur apparition. Ceux ci étaient de pauvres libraires qui, n'ayant pas les moyens de se procurer des livres neufs, ni de tenir boutique, étalaient des vieux livres sur le Pont-Neuf, le long des quais et quelques autres endroits. Ceux ci furent jalousés par les puissants libraires, qui les chassèrent de leur place, les considérant comme des concurrents, mais dans lesquelles ils revinrent rapidement.

 

 

Aujourd'hui encore, les bouquinistes sont présents, cotoyant les libraires. Les emplacements sont rares. C'est un véritable métier. Les plus anciens ont été nommés en 1945..., et ils y restent jusqu'au bout! C'est une véritable vocation. Il faut être à l'affut du moindre chineur, du moindre client. Il faut résister par tous les temps. Il faut savoir trouver ces livres à proposer, visiter les familles, ...

Mais Paris ne serait plus Paris si ces bouquinistes n'animaient plus les bords de Seine!

Une liste d'attente est assez importante pour espérer avoir son étale. Mais ce qui les anime de manière générale, c'est la passion du livre!

12:22 Écrit par dou dans paris | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

04/05/2006

passages couverts: 1.Palais-Royal

Les passages couverts sont assez nombreux. On en dénombra 150 rien que dans Paris dans les années 1850, et seront exportés un peu partout en France. Ces passages piétonniers sont en fait des galeries couvertes de moins de 5m de large, qui permettent non seulement de s’abriter contre les intempéries, contre les « embarras de Paris » (ses risques, ses odeurs, son vacarme), mais est aussi un espace de rencontres (galantes et amicales), d’achat (grâce aux commerces qui la composent), le tout baigné d’une lumière zénithale naturelle.

 

 

Louis Sébastien Mercier évoquera en ces termes, en 1828, les raisons du succès des galeries : "Dans une ville de luxe et de badauderie où il était désagréable sinon périlleux de s'aventurer dans la rue, la foule des flâneurs devait se porter vers les rares endroits qui lui offraient la possibilité de s'attarder devant les magasins sans craindre de bousculades ou d'accident". Extrait du site insecula.

 

Les galeries de bois au Palais Royal.

 

Le premier passage couvert en France seraient du au Palais Royal, qui avait des galeries de bois créées en 1786. Ces galeries prennent place sur le pourtour de la résidence, avec 120 boutiques, autour du jardin. Ils offraient ainsi distraction, produits de luxe,…et deviendront l’un des endroits les plus fréquenté de la capitale, jusqu’en 1830, date de la Révolution.

D’autres vont ainsi suivre, principalement entre 1823-28 et 1839-47.

Ces passages ne résisteront pas à l’intervention d’Haussmann dans la capitale, qui modifia de manière relativement radicale de nombreuses rues. Ainsi, certains passages se retrouvent détruits, amputés, réduits, modifiés…

 

Les Galeries du Palais Royal.

 

Au fur et à mesure de mes promenades je vous montrerais ces lieux…

 

Quelques liens internet intéressants :

Wikipédia

09:02 Écrit par dou dans paris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/05/2006

le métro parisien

Le métro parisien.

L’empruntant moi-même tous les jours, et particulièrement la ligne 6, je me suis demandé quelles sont réellement ses origines, où, quand, comment, pourquoi,… ?

Certainement que beaucoup en connaissent son histoire mais moi pas. Alors voila.

 

Tout commence par les problèmes de circulation dans la capitale, qui s’installent déjà au 19ème siècle. Il fallait alors trouver une solution, et celle du chemin de fer paraissait la plus logique étant donné son efficacité prouvée. Mais il fallait conserver l’aspect esthétique de Paris, sans dénaturer la capitale par un tracé trop important, ni craindre les nuisances sonores, et faire face à une querelle entre l’Etat Français et la ville de Paris, qui n’arrangeait rien.

Le réseau souterrain fut préféré. Donc depuis le milieu du 19ème siècle, les projets affluèrent, mais ne virent le jour concrètement que bien plus tard, bien après New-York et Londres qui possédaient déjà leur métro lorsque celui de Paris arriva.

L’exposition universelle de 1900 et sa future affluence dans la capitale mirent fin aux différents entre la ville de Paris et l’Etat. Il devenait nécessaire de construire un moyen de transport afin de limiter les problèmes de circulation.

En avril 1899, fut alors créée la Compagnie du Métro de Paris (CMP), qui avait pour responsabilité le nouveau réseau et la construction des futures lignes.

Le 19 juillet 1900, après 17 mois de travaux sous la direction de Fulgence Bienvenüe, la ligne 1 ouvre. F.Bienvenüe était un ingénieur qui intervint dans Paris à de nombreuses reprises. Son plus grand chantier fut sans aucun doute celui du métro dont il s’occupa de 1895, date de son élection par la conseil municipal, jusqu’à sa mort, en août 1936.

La RATP, quant à elle, fut créée en 1949.

 

Mais pour en connaître d’avantage, je vous invite à aller sur ce site, site non officiel de la RATP, et qui pourtant explique particulièrement bien toute son histoire. Vous pourrez aussi y découvrir les stations insolites et mystérieuses, le bâti concernant de nombreuses stations (notamment celles de Guimard dont j’ai déjà parlé), et bien d’autres choses passionnantes.

 

18:29 Écrit par dou dans paris | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27/04/2006

E.Albert, premier gratte ciel parisien.

 

Le premier Gratte-Ciel parisien, Paris, 13ème arrondissement.

Edouard Albert (1910-1968), R.Boileau, J.Labourdette, ingénieur Sarf, 1958-1960.

 

Si je vous présente cet immeuble c’est qu’il est en quelque sorte une curiosité : il est le premier « gratte-ciel » de Paris. Il contient 23 étages de logements sur 67m de hauteur. L’esthétique y est beaucoup moins importante que la structure, très travaillée.

Le 08-03-2006, je postais un petit article sur J.Prouvé, à propos des maisons de Meudon. Celui-ci fut un des pionniers de l’architecture préfabriquée, métallique et apporta énormément à la construction et à son système constructif. E.Albert fut un de ceux qui travaillèrent dans le même sens, peut être moins connu.

La structure de ce bâtiment est en tubes métalliques sur lesquels reposent des planchers béton.

 

Damien Sausset

 

« Moins connu que Jean Prouvé, Edouard Albert est pourtant l'un des plus importants architectes français de ce siècle. Dans la société industrielle de l'après-guerre, tant préoccupée par la reconstruction, il fut l'un des premiers à participer pleinement à l'expérimentation constructive tout en dénonçant l'architecture de la bureaucratie alors fort à la mode. En raison d'une disparition prématurée, Albert fut longtemps sous-estimé, son œuvre peu étudiée bien que le monde de l'architecture française lui soit redevable de nombreuses innovations importantes. L'ouvrage que viennent de lui consacrer les éditions Beaubourg comble ce déficit. Les textes intelligents commentent avec subtilité quelques-unes de ces réalisations : L'épargne de France (Paris 17e), sa fameuse tour d'habitation dans le 13e, l'ensemble de la faculté des sciences de Jussieu. »

 

L’aventure du premier gratte-ciel parisien
Rémi Rouyer

« La tour d’habitation de la rue Croulebarbe à Paris témoigne de l’engagement original de son concepteur Édouard Albert dans les débats de la fin des années 1950. L’architecte tente d’intégrer l’immeuble de grande hauteur au paysage parisien et de mettre l’intelligence constructive au service d’un plan flexible qui bouscule la culture du logement collectif. Le bâtiment fait aujourd’hui l’objet d’une procédure de réhabilitation qui soulève la question de la compatibilité entre son statut de patrimoine et sa vocation affichée à évoluer dans le temps. »

 

EDOUARD ALBERT-CENTRE POMPIDOU

 

« Diplômé en 1937 de l'Ecole des beaux-arts de Paris, Edouard Albert fit du tube d'acier un matériau nouveau, constitutif de sa conception esthétique et technique de l'architecture. Il fut l'un des pionniers de cette aventure moderne, aux côtés de l'ingénieur Prouvé, un familier de l'atelier qu'il dirigea entre 1963 et 1968. Il introduisit dès l'après-guerre de nouveaux matériaux (plastiques de synthèse), puis s'orienta rapidement vers la construction métallique, travaillant non plus la masse mais le vide, et par-là même la pesanteur. Cet architecte n'a eu de cesse d'explorer et d'expérimenter le lien naturel entre technique, économie et esthétique, comme le montre cet ouvrage où sont analysés ses principaux projets et réalisations. »

21:37 Écrit par dou dans paris | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/04/2006

H.Guimard, les bouches de métro Parisiennes

Le métro à Paris voici un exemple : un entourage dessiné par H.Guimard (Métro Palais Royal – Musée du Louvre).

 

Aujourd’hui, le métro est monnaie commune. Qui, à Paris, ne va pas travailler en métro ? Qui, en tant que touriste, n’est pas monté une seule fois dedans ?

Et pourtant, au début du XXème siècle, cela n’était pas aussi évident que ça ne l’est aujourd’hui. Celui-ci fut inauguré en 1900, avec la ligne Porte-de-Vincennes-Porte-Maillot.

Il fallut alors créer des ouvertures pour accéder à ce sous sol, et par conséquent marquer leur entrée.

Cette tâche fut confiée à H.Guimard, imposé par A.Bénard, président de la Société du métropolitain et adepte du mouvement Art nouveau. Cette décision allait à l’encontre de l’opinion publique, qui n’appréciait guère les premières esquisses de l’artiste.

Il créa ainsi des bouches d’entrée du plus pur style Art nouveau, selon trois sortes : les édicules (protégeant totalement des intempéries), les entourages (montré en photo) et les pavillons. Si aujourd’hui nous sommes presque tous en train de les prendre en photo lorsque nous en trouvons une, à l’époque, ces entrées étaient très mal perçues. La peinture verte fut refusée, les motifs et panneaux des bouches d’entrées couvertes jugées « illisibles et inconvenantes ».

Ces entrées faisaient peur.

Tout était réalisé en fer forgé, matériau de l’avenir, modelable.

Actuellement, que ne serait Paris sans ces bouches de métro ? Elles ont immortalisé Guimard, créant le Style Métro et marquant une grande page de l’histoire.

On peut même voir ces bouches de métro exportées dans les pays à travers le monde, sous la tutelle de la RATP.

 

quelques liens internet, mais il y en a bien d'autres:

les stations de métro de Guimard, site amateur , aller voir le bâti.

Les stations de Métro à Paris

Métro Abesses

Métro Porte Dauphine

Métro Mouton Duvernet

23:32 Écrit par dou dans paris | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

23/04/2006

Daniel Buren et Pol Bury, Palais Royal

Le Palais Royal, Paris Ier arrondissement.

 

Longtemps fermé au public, le Palais Royal a aujourd’hui retrouvé son ancienne vocation, lieu de promenade et de distraction. Il fut en tout premier lieu le Palais Cardinal, du au Cardinal de Richelieu qui le fit édifier par l’architecte J.Lemercier en 1642.

Dans les années 1980, François Mitterrand y apporta des ornements inédits, les colonnes de Buren et les sphères de Pol Bury.

 

Les colonnes de Daniel Buren apparurent en 1986 dans la cour d’honneur, sur 3000m².

Cette œuvre de Buren est une œuvre in situ. Elle est présente sur deux plateaux car les colonnes sont présentes au niveau du souterrain, et surgissent dans la cour. Ainsi, elle symbolise une résurgence du temps passé, mettant en exergue le sous-sol parisien, riche en histoire. De plus, elles répondent aux colonnades classiques et traditionnelles de la cour, venant s’inscrire parfaitement dans leur continuité, de manière plus moderne.

 

 

 Les fontaines à Sphères mobiles, en acier inoxydable, de Pol Bury (1922-2005), artiste Belge, furent installées en 1985. Ces fontaines sont utilisées afin de « déséquilibrer l’équilibre instable de volume d’acier » et représentent l’essentiel de son travail.

17:47 Écrit par dou dans paris | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

22/04/2006

Petit Palais, Paris VIIIème

Le Petit Palais, Paris, VIIIème arrondissement.

 

Le petit palais fut construit pour l’exposition universelle de 1900 par Charles-Louis Girault. Il s’inscrit dans un ensemble monumental comprenant le Grand Palais et le Pont Alexandre III, entre les Champs-Elysées et la Seine.

Il se compose de quatre bâtiments autour d’un jardin intérieur. Au premier étage se situent les lieux d’exposition, au rez-de-chaussée se trouvent bureaux et réserves. La lumière naturelle a une grande importance dans la composition de ce lieu (coupoles, verrières, baies), mais furent peu à peu occultées afin de protéger les œuvres.

En décembre 1902, il est inauguré en tant que Palais des Beaux-Arts de la Ville de Paris, exposant ainsi la collection permanente allant de l’antiquité à la fin du XIXème siècle.

Il fut rénové de janvier 2001 à juin 2005 par l’Atelier d’architecture Chaix & Morel et associés. Un remaniement fut alors entrepris. Des espaces d’exposition sont créés en rez-de-chaussée, les réserves déménagées au sous-sol. Une exposition permanente et une exposition temporaire sont proposées. L’éclairage naturel est à nouveau favorisé. Il ouvre à nouveau en décembre 2005.

C.L.Girault (1851-1932) a remporté le concours pour le Petit Palais, et dirigea et coordonna le chantier du Grand Palais qui face à celui-ci.

 

 

Représentation du Petit Palais en 1900 lors de son inauguration, photo prise sur Wikipedia.

21:36 Écrit par dou dans paris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |