15/05/2006

Joseph Beuys

Joseph Beuys (1921, Clèves – 1986, Düsseldorf)

Plight, 1985 , Feutre, laine, bois verni, métal, bois peint, verre, mercure
310 x 890 x 1813 cm, exposé au Musée d’Art Moderne, Centre Pompidou.

 

Artiste, dessinateur et sculpteur allemand, il privilégie actions et environnements. Alors qu’il est mobilisé comme pilote de bombardier lors de la seconde guerre mondiale, son avion s’écrase et il ne doit sa survie qu’à des Tartares qui le couvrent de feutre et de graisse.

Ce sont ces deux matériaux que l’on retrouve dans son travail en permanence, tels des éléments dés lors chargés de sens. Après guerre, il étudie la sculpture à l’Académie des Beaux Arts de Düsseldorf, où il enseignera quelques années plus tard.

A travers son travail, Beuys met en avant les sens (la vue, le toucher, l’ouïe, la sensation de chaleur…), mais uniquement par suggestion. Il construit son œuvre sur le récit de sa vie, ce qui est relativement inédit pour l’époque. Pour lui, son œuvre est un projet existentiel.

Il créa le concept de sculpture sociale. Selon lui, tout homme est artiste, si chacun utilise sa propre créativité, alors tous trouveront le chemin de la liberté.

Les actions qu’il fit passent notamment par une performance de 3 jours, réalisée avec un coyote du Texas (un vrai) avec lequel il cohabite. Dans l’environnement grillagé, Beuys a pour objet une canne et une cape de feutre, ainsi que de la paille et du feutre qu’ils partageront tous les deux. Il veut, par ce biais être porteur d’un message, qui évoque le fossé qu’il y a entre le monde moderne et la nature. De plus, le coyote est l’image de la haine, et commémore le massacre des amérindiens, décimés lors de la conquête du pays. Une nouvelle réflexion artistique est engagée.

Au fond d’une salle, par hasard, je découvre un petit passage, et quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu ce qu’elle renfermait. On accède à l’espace de Beuys en devant baisser la tête, en raison des feutres plaqués au mur. On pénètre alors dans cet endroit qui semble coupé du monde environnant. On ne peut y pénétrer à plus de 2 ou 3 personnes, afin de profiter pleinement, parce qu’il y a un garde corps en verre qui nous empêche de rentrer totalement. Il n’empêche que l’on peut déjà très bien s’imprégner de cette ambiance. L’ambiance est feutrée, sourde, temporisée par les feutres roulés et mis contre les murs. Aucun bruit extérieur de pénètre. On aimerait entendre jouer ce piano qui reste muet, silencieux, et qui pourtant est fortement présent. Un éclairage artificiel, une texture devinée au toucher, une odeur impalpable…une étrange impression. Le lieu se fait objet, le corps aussi. On se trouve alors enveloppé par ce feutre si présent qui absorbe la moindre de nos paroles, le moindre geste, le moindre son. On ressent sa chaleur. On en ressort…et le bruit des autres visiteurs nous parvient à nouveau, le charme est rompu.  

 

quelques liens qui peuvent être intéressants:

Plight, J.Beuys,

Wikipédia, J.Beuys,

J.Beuys et l'éternelle répétition, par Hugues Jacquet,

J.Beuys, "infiltration homogène pour piano à queue"

22:12 Écrit par dou dans art | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

beuys tu décris bien l'ambiance feutrée (c'est le cas de le dire). Je trouve que l'installation fonctionne également beaucoup sur l'absence pcq avec le piano présent, on s'attend à entendre un son, un son lent mais ce son est absent, le silence est donc un vide, un manque. Il faut rester un moment pour ressentir cette ambiance. Le temps n'est pas le même à cause du silence.

Écrit par : claire | 16/05/2006

... ... joliment et simplement décrit de travail de Beuys :o) ... outre ses installations et ses performances, ne pas passer à côté de ses dessins ... un trait de crayon d'une rare émotion :o)

Écrit par : goldo | 19/05/2006

plight cette oeuvre est vraiment impressionante ! du moins dès que je vais à beaubourg je ne peux m'empécher de m'y rendre ....vous savez c'est comme l'aspirateur lorsque l'on est enfant cela nous fascine et nous effrais à la fois ...mozochisme ??? car dans cette pièce , on ne peut pas dire qu'on veuille s'y éterniser ...non c'est juste que Beuys sait créer une émotion , un ressenti que l'on ne trouve dans ses oeuvres ...très bel artiste !

Écrit par : karine | 23/04/2009

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